les soeurs ne porteront pas de grands flambeaux qui jettent un jour brillant sur l’Eglise, mais elles porteront de petites lampes ...

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Aimer et servir autrement

Sœurs de Sainte Ursule, nous venons d’ouvrir une année jubilaire, de juin 2005 à juin 2006, pour célébrer le 400° anniversaire de notre fondation à Dole, dans le Jura, par une « illustre inconnue » dont nous sommes pourtant très fières d’être les sœurs et les héritières au service de la mission du Christ : Anne de Xainctonge.

Comme beaucoup d’autres à son époque, elle voit le besoin d’éducation qu’ont les filles et les femmes, et elle se dit que celles-ci « sont tout autant faites pour le ciel que les hommes  » !
Elle voit aussi par sa fenêtre tout ce que les Jésuites font pour l’éducation des garçons.
Elle cherche à éclairer sa foi, à se former, par la lecture, les enseignements donnés dans les paroisses, les conseils reçus des Pères Jésuites, et aussi par Dieu lui-même dans le secret de sa prière : elle désire se laisser instruire pour elle-même et pour l’apprendre aux autres. C’est une des clefs de toute sa vie et son œuvre.

- Une autre clef est le refus obstiné d’être cloîtrée, à une époque où la clôture était imposée à toutes les femmes qui se consacraient à Dieu. Pourquoi ce refus ? Certes, pour mieux rejoindre les filles et les femmes, en participant avec elles à la vie de la paroisse. Mais plus fondamentalement encore, c’est pour que chaque sœur ait la liberté de choisir son conseiller spirituel et confesseur et puisse trouver ce qui est le plus aidant pour elle-même, dans un grand respect de la diversité des tempéraments.

Ce respect de la diversité des tempéraments ou des situations se retrouve dans sa manière d’éduquer, avec douceur en conduisant chaque personne « comme par la main », à partir du point où elle en est. Pas de moule, pas de « grand tout », mais des personnes uniques, à aider à grandir humainement et spirituellement.

- Son refus de la clôture peut aussi être lu comme le fruit de son grand amour pour « la sainte humanité » du Seigneur Jésus Christ. Elle aimait le contempler « conversant avec les hommes ». Nous aimons reprendre ce terme de « converser, conversation », dans le sens très large qu’il avait à cette époque (la même époque exactement que François de Sales) : il voulait dire « entrer en relation, se tenir proche d’autrui, être en compagnie » et bien sûr, se parler...

- Elle a su résister aux énormes pressions de l’Eglise et de la société de son temps, sans se laisser impressionner par l’importance donnée à la vie monastique.
Elle a proposé à ses sœurs de vivre une vie ordinaire, « renonçant au titre de religieuse et aux privilèges juridiques qu’elles avaient alors, acceptant que cela attire moins d’adeptes, se contentant d’une approbation épiscopale plus fragile. »

- Nous lui sommes reconnaissantes pour sa ténacité et celle de ses premières compagnes.
Elles étaient déterminées à rester des femmes libres, résolues à prendre toute leur place et à jouer leur rôle dans une société et une Eglise en pleine transformation.
 
- L’Eucharistie, la communion, était très centrale dans sa vie et sa spiritualité. Elle a laissé des enseignements sur la manière de communier. En voici une citation typique, bien marquée par son époque dans le style, et qui se termine par ce qui pourrait être le résumé de notre vocation et de l’enracinement de notre mission dans la communion à la personne du Christ :

« Je considère que je veux recevoir Celui, lequel pour l’amour qu’il nous porte s’est fait notre frère, lorsqu’il a pris notre nature pour nous donner la grâce de notre rédemption. C’est l’amour qui lui a fait instituer ce saint Sacrement afin de demeurer toujours parmi nous ; c’est encore l’amour qui lui a fait dire que nous allions à lui, nous tous qui sommes chargés de maux et de misères, et qu’il nous soulagera : O mon Jésus, venez je vous prie, allumer un brasier d’amour en mon âme et me faites connaître ce que l’Amour opère en nos cœurs. Il fait que le travail nous est doux, il nous fait goûter l’exercice de la mortification, il oblige encore ce grand Dieu à nous aimer davantage, il nous rend capables de converser et demeurer avec Lui et le prochain.  »
Anne de Xainctonge