les soeurs ne porteront pas de grands flambeaux qui jettent un jour brillant sur l’Eglise, mais elles porteront de petites lampes ...

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Carême 2014 - 8ème étape

TENDRESSE DE JESUS POUR SES FRERES

A la différence de Luc, Marc et Matthieu, Jean ne parle pas de l’institution de l’Eucharistie, mais lui seul rapporte la scène du lavement des pieds pendant le dernier repas que Jésus partage avec les douze.
Jésus sent que sa mission arrive à son terme et il sait que ses disciples ont écouté ses enseignements sans pouvoir les comprendre... Alors Il leur donne un signe fort, une mise en pratique, qui résume toute sa vie et qui est plus parlant pour eux - et pour nous - que de longues explications : Il se fait serviteur. Et Il ira "jusqu’au bout"....

Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout.
Au cours du repas, alors que le démon a déjà inspiré à Judas Iscariote, fils de Simon, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est venu de Dieu et qu’il retourne à Dieu, se lève de table, quitte son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin, il se met à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.
Il arrive ainsi devant Simon-Pierre. Et Pierre lui dit : « Toi, Seigneur, tu veux me laver les pieds ! » Jésus lui déclara : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras point de part avec moi. »
Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! »
Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, ... mais non pas tous. »
Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. »
Après leur avoir lavé les pieds, il reprit son vêtement et se remit à table. Il leur dit alors : « Comprenez-vous ce que je viens de faire ?
Vous m’appelez ’Maître’ et ’Seigneur’, et vous avez raison, car vraiment je le suis.
Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.
C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous.
Amen, amen, je vous le dis : le serviteur n’est pas plus grand que son maître, le messager n’est pas plus grand que celui qui l’envoie.
Jean 13, 1 - 16

  • Le lavement des pieds : un rituel d’accueil courant chez les Juifs, ces gestes d’hospitalité étaient confiés aux serviteurs ou aux esclaves non juifs.
  • Je prends le temps de regarder Jésus : Il dépose son vêtement, s’enveloppe d’un linge comme tablier, Il verse l’eau, lave, essuie les pieds.
  • Je considère la réaction de Pierre : choqué de voir bousculer des rites qu’il respecte.
  • J’entends la réponse de Jésus, douce mais ferme, avec sa condition incontournable : "si je ne te lave pas, tu n’auras point de part avec moi".

Toute la vie de Jésus converge vers cette heure ultime, passer de ce monde au Père, manifester son amour aux siens jusqu’au bout.

Jésus au pied de ses disciples, y compris aux pieds de Judas.....

Lui le Seigneur et Maître invite à faire comme Lui.

  • Accepter avec Pierre que Jésus me lave tout entier, c’est m’en remettre à Lui, Le regarder vivre et agir dans ma vie ; demander cette humilité et cette confiance.
  • Demander la grâce que cette parole, ce geste soient pour moi et pour chacun autour de moi un Visage : celui du Fils qui a exprimé en mots et en actes l’immense tendresse du Père pour les hommes.
  • Demander la grâce de prendre la tenue de service et d’aimer comme Lui.

"Dieu révèle ce qu’il est par ce qu’il fait.
Son dessein sur l’homme réalisé en Jésus-Christ dévoile son être intime.
On ne peut disjoindre en lui l’acte et l’être.
Si l’Incarnation est acte d’humilité, c’est que Dieu est être d’humilité.
"Qui m’a vu a vu le Père", dit Jésus (Jn,14,9).
Le voyant laver avec humilité des pieds d’hommes, je "vois" donc Dieu même (...), Serviteur avec humilité.
L’humiliation du Christ n’est pas un avatar exceptionnel de la gloire. Elle manifeste dans le temps que l’humilité est au cœur de la gloire.
Ce que j’énonce ici est un paradoxe si fort que la raison d’abord vacille, décontenancée, et comme découragée d’avance.
Pourtant (...), on choisit de se référer à l’expérience toute simple qu’on a de l’amour, même mêlée de péché, un rai de lumière filtre à travers la nuit des mots.
On pressent qu’aimer avec orgueil n’est pas vraiment aimer.
Si Dieu est Amour, il est humble."
François Varillon "L’humilité de Dieu"

Et je m’interroge : "Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi ?".... (J. Servel)