les soeurs ne porteront pas de grands flambeaux qui jettent un jour brillant sur l’Eglise, mais elles porteront de petites lampes ...

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Il était une femme… "Commencement"(1)

— Il était une fois une femme...

— Oui, c’est l’histoire d’une femme qui se penche sur le sort fait aux femmes, en un temps où il était inconciliable d’être femme et de vivre libre...

— Il paraît que certaines n’avaient pas le droit de sortir de chez elles, ou d’aller à l’école, ou encore de s’asseoir pendant que leur mari mangeait !

— Beaucoup pensent qu’aujourd’hui, heureusement, ces temps sont révolus, et que pour les femmes, l’horizon est ouvert désormais.
Mais... des femmes aujourd’hui encore dans ce genre de situation, vous en connaissez tous, n’est-ce-pas ? Des femmes en difficulté, en manque de tendresse, de considération, en manque d’argent, de logement …


— Alors, cette histoire, qui commence il y a juste 400 ans dans le coeur d’une femme, elle ne serait pas achevée ? Chaque jour qui passe inviterait à continuer de commencer, à mettre en oeuvre de nouveaux commencements, à la lumière du jour qui vient ?

— Oui, cette histoire commence chaque jour, commence à chaque génération, comme elle a commencé dans le coeur d’une femme, sous la forme d’un cri.
Ce cri pourrait être un cri de révolte devant l’injustice qu’elle pouvait constater de sa fenêtre : l’éducation et la liberté, c’est pour les garçons ; l’obéissance et la soumission, c’est pour les filles, contraintes de passer de la « menotte » du père à la petite menotte du mari....


— La seule alternative est pour elles d’être enfermées leur vie entière derrière un mur, dans la stricte clôture d’un couvent ! Pas d’autre issue : le mari ou la muraille, la muraille ou le mari !

— Ce cri pouvait être aussi un cri d’indignation et de colère, parce qu’on refuse aux femmes la capacité d’être des individus à part entière, jouissant de droits à l’égal des hommes : des êtres aptes à penser, à réfléchir, à se prendre en charge...
Bref, en un mot comme en 1606 mots, c’est un cri de barricades ?


— En réalité, il s’agit d’un cri d’une autre nature, d’un cri qui retentit sans bruit, sans expulsion d’air, et pourtant c’est un cri poussé par un souffle puissant, ce Souffle qui porte en lui la vie.

— C’est un cri qui dit Dieu dans le coeur d’Anne de Xainctonge, tout comme il dira le divin dans le coeur de chacune d’entre nous qui avons embarqué à sa suite !
C’est Dieu qui nous invite en chantant à niveler les collines et les montagnes, à lisser les endroits rugueux, à rendre droits les passages tortueux...


— Tâche titanesque en vérité, impossible à réaliser par la jeune Anne, armée de ses seuls mots et de sa seule intelligence ! On est si petit, si démuni devant l’immensité des problèmes à résoudre !
Mais Anne sait qu’elle chemine en intime compagnie avec Dieu : à cause de cela, si petite qu’elle soit, elle sait qu’elle réussira, car si Dieu demande l’impossible, il donne en même temps les moyens d’y parvenir...

— Ce Souffle en son coeur, cette force irrésistible qui l’envahit, va la pousser à agir, à prendre ses responsabilités dans la construction du monde, à s’engager dans un combat pour que vive l’Homme debout ! Mais ne vous y trompez pas : la pauvreté du vocabulaire ne doit pas vous cacher que c’est plus précisément des femmes qu’il s’agit !