les soeurs ne porteront pas de grands flambeaux qui jettent un jour brillant sur l’Eglise, mais elles porteront de petites lampes ...

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L’Amandier

La terre a dormi son profond sommeil,
L’hiver a jeté la glace et le froid ;
La mort a rôdé, toujours en éveil.
Le doute et la peur ont trouvé leur proie.
La vie s’est tapie au fond des maisons,
La vie s’est ridée, en habits de deuil.
La vie et la mort portent même nom...
L’ami de la paix attend sur le seuil
Que s’ouvre la porte à la main tendue...

L’amandier est-il en fleurs

Aux portes du printemps ?
Guette la vie,
Guette le jour,
Guette l’amour qui reverdit...

L’espoir s’est enfui un soir de tempête ;
L’amour, essoufflé, n’attend plus de fêtes...
La vigueur s’éteint comme un cierge usé ;
La joie, trop souvent, s’exprime au passé.
La ferveur a pris couleur d’habitude..
La dure saison de la solitude
Fait pleurer l’enfant qui demeure en nous.
L’arbre aux bras lassés tend ses banches nues
Vers un ciel sans vie qui ne répond plus.

L’amandier est-il en fleurs
Aux portes du printemps ?
Guette la vie,
Guette le jour,
Guette l’amour qui reverdit...

Le bois a craqué sous les coups du gel...

Le bois est-il mort dessous son linceul ?

Non, le cœur qui dort un jour se réveille,
Par tout ce qui plonge aux sources de vie !

Il a refleuri ! c’est moi qui l’ai vu,
Le premier bourgeon sur la branche nue.
Il a défripé sa robe de fête,
Son vin de rosée fait tourner les têtes !
Voyez les collines brodées d’allégresse !
Allez le crier aux cœurs en détresse :
Le signe est éclos comme une naissance.
Venez tous dehors, entrez dans la danse !
Aujourd’hui la place est à l’espérance ;
Voici le printemps : la mort est vaincue !

L’amandier est-il en fleurs
Aux portes du printemps ?
Guette la vie,
Guette le jour,
Guette l’amour,
Qui reverdit...

Marie-Bernard

(illustration:Brice)