les soeurs ne porteront pas de grands flambeaux qui jettent un jour brillant sur l’Eglise, mais elles porteront de petites lampes ...

Accueil > Espace prière > Textes pour prier > La tendresse de Dieu pour les pécheurs

La tendresse de Dieu pour les pécheurs

Dès le début de l’histoire d’Israël, Dieu manifeste sa tendresse devant la misère humaine. Il est le Dieu des miséricordes. Au commencement du livre de l’Exode, après le récit de la dure captivité des hébreux en Egypte, nous trouvons cette parole célèbre que l’auteur met dans la bouche de Dieu, s’adressant à Moïse : 

« J’ai vu la misère de mon peuple. J’ai entendu son cri... je connais ses angoisses, je suis résolu à le délivrer. »

Ce peuple hébreu est l’héritier d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, héritier de cette famille que Dieu a choisie et dans sa miséricorde, Il ne peut supporter la misère de celui qu’il a choisi. Même si celui-ci se sépare de Lui par le péché, la miséricorde l’emporte toujours.

Ainsi, à l’occasion du péché, l’homme entre plus profondément encore dans le mystère de la tendresse de Dieu. Chez les prophètes se trouve souvent exprimée la certitude que lorsque le peuple s’est détourné de Dieu, lorsqu’il a choisi d’adorer les idoles et donc a mérité un châtiment, Dieu se repent et ne peut punir. Ecoutons Osée :(11,9) « Mon coeur est bouleversé en moi, en même temps ma pitié s’est émue. Je ne donnerai pas cours à l’ardeur de ma colère... »

Alors que les prophètes annoncent les pires catastrophes, des sanctions parce que le peuple a été infidèle, ils connaissent bien pourtant la tendresse du coeur de Dieu. Ainsi nous trouvons chez le prophète Jérémie, ch 31, 20 « Ephraïm, (c’est le même personnage qu’Israël, c’est le nom collectif du peuple de l’alliance ) Ephraïm est-il donc pour moi un fils si cher, un enfant tellement préféré, pour qu’après chacune de mes menaces, je doive toujours penser à lui et que mes entrailles s’émeuvent pour lui et que pour lui déborde ma tendresse ? »

Et chez Isaïe 49, 14, cette image magnifique qui exprime tellement bien l’amour de Dieu pour Sion ( encore un nom collectif pour le peuple de Dieu ) et pour chacun de nous : « Sion disait : Le Seigneur m’a abandonnée, mon Seigneur m’a oubliée. La femme oublie-t-elle son nourrisson ? Oublie-t-elle de montrer sa tendresse à l’enfant de sa chair ? Même si celles-là l’oubliaient, moi, je ne t’oublierai pas. Voici que j’ai gravé ton nom dans les paumes de mes mains... »

Si Dieu est ainsi «  retourné » en lui même devant la misère où entraîne le péché, c’est qu’il désire le retournement, la conversion du pécheur, d’où les appels fréquents dans la Bible... Nous avons entendu, au début du Carême, le Seigneur Dieu parler par la voix du prophète Joël : «  Revenez à moi de tout votre coeur... revenez au Seigneur, votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux . »

Le prophète Ezéchiel, lui, nous dit de la part de Dieu : «  Prendrai-je donc plaisir à la mort du pécheur ? Non ! Plutôt à le voir se détourner de sa conduite mauvaise et vivre ! » Une phrase que Jésus reprendra dans son message évangélique, tellement c’est vraiment le désir profond de Dieu, son Père.

Notre Dieu veut que nous vivions, que nous soyons heureux, il désire que nous soyons son peuple lié à Lui, par l’amour et la fidélité. Alors, il prend des initiatives, il va changer notre coeur : « Je leur donnerai un cœur pour connaître que je suis Yahvé. Ils seront mon peuple et moi je serai leur Dieu, car ils reviendront à moi de tout leur cœur », nous dit-il par son serviteur Jérémie (Jr24:8)

Que de fois s’exprime dans la Bible ce désir de notre Dieu d’une vraie conversion de notre part et le Seigneur nous le dit, en nous suppliant presque, avec une bonté toute paternelle : : Is 44, 21-22 « Souviens-toi de cela, Jacob, et toi Israël, car tu es mon serviteur. Je t’ai modelé, tu es pour moi un serviteur ; Israël, je ne t’oublierai pas. J’ai dissipé tes crimes comme un nuage et tes péchés comme une nuée ; reviens à moi, car je t’ai racheté ».

Reconnaître notre péché, le regretter devant Dieu, c’est l’attitude que Dieu attend de nous et Lui nous rendra l’innocence originelle : Isaïe écrit :1,18 «  Venez et discutons, dit le Seigneur. Quand vos péchés seraient comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige ; quand ils seraient rouges comme la pourpre, comme laine ils deviendront. »

Si le Seigneur désire tellement que nous revenions à Lui c’est qu’il veut s’entretenir avec nous, comme avec un ami : c’est ce que dit le prophète Osée au chapitre 2 de son livre. Lorsque Sion, la personnification du peuple de Dieu, aura manifesté son désir de se convertir, alors Dieu interviendra : 2,16 « je la conduirai au désert et je parlerai à son cœur. » et il continue en s’adressant à Sion et à chacun de nous, « Je te fiancerai dans la justice et le droit, dans la tendresse et l’amour, je te fiancerai à moi dans la fidélité et tu connaîtras ton Dieu. »

Quelle merveilleuse promesse ! A quelle relation avec notre Dieu, nous sommes appelés !
Et comme on comprend la prière du psalmiste mesurant la distance qui le sépare de Dieu ! Comme on peut la faire nôtre ! (Ps 50) «  Pitié pour moi, Dieu, en ta bonté, en ta grande tendresse efface mon péché, lave-moi tout entier de mon mal et de ma faute purifie-moi. »

L’auteur, David suivant la tradition, reconnaît son péché, tout en ayant bien conscience de la miséricorde de Dieu et de sa tendresse pour chacun de nous, pécheur. Ps 103, 8 et sq « Yahvé est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour ; elle n’est pas jusqu’à la fin, sa querelle, elle n’est pas pour toujours, sa rancune ; il ne nous traite pas selon nos fautes, ne nous rend pas selon nos offenses. [...] Comme est loin l’orient de l’occident, il éloigne de nous nos péchés. Comme est la tendresse d’un père pour ses fils, tendre est Yahvé pour qui le craint ; il sait de quoi nous sommes pétris, il se souvient que poussière nous sommes. »

Jésus, pendant son séjour sur terre, a continué à nous révéler la tendresse du Père. Les préférés de Jésus sont les pauvres, les pécheurs qui trouvent en lui un ami « il est allé loger chez un pécheur » Lc 19,7.
Ce qui réjouit le coeur de Dieu, nous dit le Christ, c’est de voir les pécheurs qui se repentent «  il y a plus de joie dans le ciel pour un pécheur qui se repent que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de repentir. » Lc 15,7
Fait-il des reproches à Zachée, ce collecteur d’impôts, un peu voleur sur les bords ? Non il dit : «  cette maison a reçu le salut... le Fils de l’homme est venu chercher ce qui était perdu... »Lc19,9

Quand, au chapitre 15 de Luc, le fils cadet revient vers son père, celui-ci est à l’affût de ce retour et quand il l’aperçoit, il est « touché de compassion , il court se jeter à son cou et l’embrasse longuement ». 15,20 Lui fait-il des reproches ? Non... Il lui rend ses habits de fils de la maison et organise la fête...Voilà comment le Père accueille son révolté...

Laissons-nous faire, laissons-nous embrasser longuement par Dieu. Il nous faut inlassablement revenir à cette histoire que Jésus a inventée pour nous.. Il faut être persuadé que Jésus a voulu nous dire quelque chose de très important et qui est bien dans la ligne de ce que nous avons trouvé chez les prophètes. Il veut nous dire comme l’a si bien exprimé Tertullien : « Un père plus père que Dieu, il n’y en a pas ; un plus tendre, il n’y en a pas. Toi donc, qui es son fils, sache que même si tu le quittes après qu’il t’ait adopté, même si tu reviens nu, il te recevra : il se réjouira de te voir revenir, plus encore que de voir les autres bien sages. »

Si Dieu nous pardonne, s’il nous ré-introduit dans sa famille, c’est pour vivre en communion avec Lui, c’est pour que nous soyions dans la Nouvelle Alliance, amis et fils, c’est pour que nous puissions partager son intimité, c’est pour que nous partagions avec lui la passion pour le Royaume à établir sur la terre, ce royaume de justice et de paix...C’est pour que nous ayons part avec Lui au festin de la fin des temps... C’est pour qu’il puisse nous dire un jour : « Entre dans la joie de ton maître ».

Sachons répondre à ce Seigneur qui nous attend, qui nous accueille sans condition, toujours par amour, parce que Il veut notre bonheur.

Sœur Magdeleine