les soeurs ne porteront pas de grands flambeaux qui jettent un jour brillant sur l’Eglise, mais elles porteront de petites lampes ...

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Le Dieu penché

Il s’est penché sur son humble servante et tous les âges la diront bienheureuse.
Il s’est tellement penché qu’il a plongé dans le ventre immaculé d’une fille d’Israël !
Il s’est tant penché, qu’il fut déposé dans une mangeoire au ras de la terre avec juste un lit de bois et de paille… offert.
Il s’est penché si bas que désormais, pour le contempler, c’est nous qui devons nous pencher sur la litière où repose le Roi de l’univers !

Toi qui un jour a pris soin d’un nourrisson, lorsqu’il est couché là devant toi, sous ton regard, vois-tu dans ses yeux la confiance qu’il te fait, vois-tu l’abandon entre tes mains de sa vie offerte sans retenue. N’as-tu jamais eu envie de le manger, n’est-il pas à croquer ?

Avant de se donner à manger à la table du pain rompu, c’est déjà dans une mangeoire qu’il repose ; c’est ce premier visage qui coexiste dans le sacrifice de l’eucharistie, l’enfant offert à la dévoration d’un monde sauvage.
Comme si cette innocence inouïe provoquait en nous une avidité à en être comblé, rassasié, rempli, repus, dans la quête d’une paix et d’une joie d’avoir ainsi accès à la nourriture qui fait qu’on n’a plus jamais faim…A jamais rassasié pour l’éternité…

Michèle Saulou