les soeurs ne porteront pas de grands flambeaux qui jettent un jour brillant sur l’Eglise, mais elles porteront de petites lampes ...

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Portraits d’un engagement



La question, la première qui vient à l’esprit lorsqu’on entend le nom de sœur Annonciata, religieuse de Ste-Ursule, c’est celle de son origine. Est-elle née en Espagne ? Ou qui sait, encore plus loin, en Amérique du sud ? Ni l’un, ni l’autre ! Sœur Annonciata est belge. C’est chez nos voisins qu’elle a découvert sa congrégation.

Alors doit-on voir dans son nom, si symbolique, un signe du destin ? Peut-être :
« J’avais au fond de moi le désir d’être missionnaire mais comme les autres congrégations ne m’attiraient pas, j’ai décidé en 1950 d’entrer chez les sœurs de Ste-Ursule bien qu’elles n’aient aucune communauté à l’étranger. »

L’attente sera d’assez courte durée. En 1956, une communauté est fondée au Congo. Un an plus tard, à Tours, soeur Annonciata prononce ses vœux définitifs et en 1960, à l’âge de 29 ans, elle s’envole pour l’Afrique. Elle - qui ne pensait pas être douée pour quoi que ce soit - se retrouve infirmière dans un hôpital de brousse et - en plus ! - responsable de cette nouvelle communauté.
« Sœur Regina, la supérieure de la congrégation, m’a fait confiance. J’en ai été profondément touchée. »

En 1978 - date à laquelle fut ouverte la Maison de Prière à St Cyr-sur-Loire - elle revient en Touraine et s’occupe d’accompagnement spirituel.
Après, de 1990 à 1995 à Paris, elle fait partie d’un foyer destiné à des étudiantes internationales puis de 95 à 99, elle est membre, à Rome, d’une communauté qui se situe dans un quartier populaire de la capitale. Ce n’est qu’en 1999 qu’elle pose à nouveau ses valises aux pieds de la Loire.

Responsable depuis le mois d’octobre 2005 de la communauté des soeurs de la Maison Ste-Claire, à Tours-Nord, soeur Annonciata se dit de plus en plus heureuse.
« Il me semble que tout ce que j’ai vécu m’a formée, notamment les années en Afrique. J’y ai découvert l’attention à la personne. »

Elle ajoute :« Je pense souvent que j’approche de la fin. Alors, j’ai confiance dans la miséricorde de Dieu pour tout ce que je n’ai pas fait, mais j’ai conscience, aussi, que tout ce que j’ai fait, je ne l’ai pas réalisé seule. »

À son père qui lui avait demandé pour quelles raisons elle voulait être religieuse, elle avait répondu :« Je ne sais pas. Il faut que j’ y aille ». Cette décision l’avait plongée dans la paix. Aujourd’hui, cet appel, elle le vit certes d’une manière différente mais toujours dans la joie.

« Mon désir, dès le début, c’est de rendre l’autre heureux. J’en ai eu souvent l’occasion et ça continue, encore aujourd’hui, grâce à Dieu.. »

texte rédigé par Bertrand VINCENT


Marie-Liesse

« Les êtres humains ont besoin d’humanité. Ils ont besoin de l’attention du cœur » .

Cet extrait de l’encyclique « Dieu est amour », Sœur Marie-Liesse, Sœur de Ste-Ursule depuis 45 ans, aime le citer car il correspond bien, d’une part, à l’intuition d’Anne de Xainctonge, leur fondatrice, et d’autre part, au sens qu’elle-même a voulu donner à son apostolat tout au long de cette vie totalement consacrée au Seigneur et à ses frères et soeurs en humanité.

Un tournant dans sa vie :
la participation au Chapître général de sa Congrégation en 1976 où l’option préférentielle pour les pauvres fut résolument adoptée. Avec une mise en œuvre forte dans les années 80 : vie en HLM, avec trois autres sœurs, dans le quartier de la Bergeonnerie, et travail à « Entraide ouvrière » au foyer d’accueil pour femmes seules et en difficulté.« J’ai beaucoup aimé ce temps-là. Cette solidarité avec les pauvres a marqué ma vie religieuse et humaine. Cela a façonné ce que je suis maintenant ».

Une femme réservée, simple, vraie, prête à servir où cela est nécessaire, d’où une grande mobilité qui lui a permis d’exercer différents apostolats en des lieux très divers.
Aujourd’hui, en retraite professionnelle, Sœur Marie-Liesse est engagée comme bénévole à l’Association « Tziganes et Voyageurs de Touraine » sur la commune de La Riche.
Elle y rencontre, bien sûr, des gens du voyage qui partagent « de grandes valeurs de solidarité familiale. Ce sont aussi des amoureux de la liberté ! Ils ont des devoirs mais aussi des droits... » que nous ne leur reconnaissons pas toujours !

Ce travail, comme les différentes missions qui lui ont été confiées au cours de sa vie religieuse, elle le vit dans la droite ligne de cette phrase des Constitutions de sa Congrégation :« Attentives aux jeunes et aux adultes de notre temps, nous voulons contribuer à leur croissance humaine et spirituelle. »

écrit par Sœur Marie-Diane PICARD


Marie-Bernard

« J’ai joué de la flûte sur la place du marché et personne avec moi n’a voulu danser ! ». Soeur Marie-Bernard, elle, Soeur de Sainte Ursule a bien voulu danser !

C’est ainsi qu’elle décrit le « premier déclic » dans cet appel au don total de sa vie au Seigneur. Plus tard, au moment de la décision - qui, disons-le, bousculait ses projets ! - c’est la contemplation de Marie à l’Annonciation qui l’a aidée à dire « oui ! » : « Cela a dû bousculer ses plans à elle aussi... Je me suis décidée en une heure et je ne suis jamais revenue dessus ! »

Après le temps de la formation, ce fut l’enseignement de l’anglais et de la catéchèse jusqu’à son élection comme supérieure générale en 1988, responsabilité qu’elle a assumée pendant 17 ans : « Je n’ai jamais eu d’autorité dans mes classes et voilà qu’on m’élisait supérieure générale ! » dit-elle dans un grand éclat de rire. « Je n’arrive pas à me prendre au sérieux ! » ajoute-t-elle. Et c’est sans doute ce qui attire chez elle : le souci du travail bien fait, sans fard ni prétention, dans la recherche de la relation vraie et fraternelle.

Tout au long de son parcours, pour chaque pas, à chaque étape, elle a le sentiment d’avoir « reçu la nourriture au temps voulu » comme dit l’Écriture. C’est une conviction forte née de l’expérience et de la relecture. Et pour elle, aujourd’hui, cette vie se résume en deux mots « service et joie » mots qu’elle a appris à décliner en regardant sa maman : « Une qualité de présence, d’écoute ; une femme au foyer, mère de dix enfants, qui trouvait sa joie dans le quotidien de son univers restreint parce qu’elle savait s’intéresser aux vastes horizons de ses enfants. »

La vie reçue, la vie donnée... un travail d’enfantement très féminin que Marie-Bernard poursuit aujourd’hui comme responsable de communauté et membre de l’équipe d’animation de la Maison de prière, « dans la complémentarité des personnes ».

texte rédigé par Sœur Marie-Diane PICARD


Marie Clément

Pourquoi ai-je choisi la vie religieuse ?
D’abord, ce n’est pas moi qui ai choisi... L’appel de Dieu est premier, après l’homme répond...Il y a une part de mystère dans toute vocation.

Pour moi, ce fut comme un coup de foudre. Un beau jour, au cours d’une activité banale, tout d’un coup, j’ai pris conscience que Dieu n’était pas connu, pas aimé...
Alors il y eut comme un déclic, une pensée a traversé mon esprit, comme un éclair : Pourquoi ne pas tout quitter, me donner totalement à Dieu, entrer au couvent ?

J’avais 23 ans, un travail...des projets...mais j’ai été saisie par le Christ.

La surprise était telle que j’ai essayé de chasser cette idée...Suivirent des mois de combats, d’hésitations, de doutes.
Je me rappelle pourtant avoir dit à Dieu : « D’accord, mais fais-moi voir clairement si telle est vraiment ta volonté. » J’ai prié, beaucoup...Et la réponse est venue.

Quelques mois plus tard, pendant un temps fort, un matin, après avoir communié, ce fut la lumière, tous les doutes se sont évanouis...J’ai dit oui à Dieu. Rentrée à la maison, je dansais de joie, avec un sentiment de liberté comme je n’en ai jamais éprouvé depuis.
J’entrai à Sainte Ursule de Tours. Je ne l’ai jamais regretté.


Brice

Le 28 Août 2004, Brice s’engage par vœux chez les sœurs de Sainte Ursule. Comment sœur Brice en est-elle arrivée là ?

A travers « un chemin unique et personnel, taillé à ma dimension » dira t-elle.
Alors qu’elle vit un « compagnonnage » avec le Christ depuis qu’elle est toute petite, c’est à 15 ans seulement, par choix, qu’elle est baptisée.
Après des études de math, elle se retrouve sur le marché du travail avec un emploi confortable qui aurait pu la satisfaire. Mais il y a quelque chose qui manque.

« J’avais vraiment envie de servir. »

C’est pourquoi, comme beaucoup de jeunes aujourd’hui elle entre dans l’armée « dans un esprit de service. On n’y entre pas pour apprendre à tuer mais pour être utile. »
Une vie pleine et riche, avec le sens du service et des responsabilités de plus en plus importantes.
Une « école » où elle apprend beaucoup sur l’humain, la complémentarité homme femme ; elle se sent au cœur de ce qui fait la vie de nos contemporains, avec ses joies et ses peines.

Mais un jour, un événement « déclencheur » lors d’une mission dans ce qui deviendra « l’ex Yougoslavie ». Son coeur y est travaillé dans toute sa profondeur.

De retour en France, elle fait son temps de commandement en Touraine, à Nouâtre.
La paroisse n’a plus de curé. L’EAP, dont Brice fait partie -toujours, elle s’est enracinée dans l’Eglise locale au gré de ses nombreux déplacements- gère très bien la situation mais éprouve le besoin d’une relecture.
Ils font appel à une sœur de Sainte Ursule...Et Brice reconnaît chez cette sœur le charisme éducatif qui l’habite depuis toujours.
Elle sent « l’appel » qu’elle repousse à de nombreuses reprises et finit par se laisser convaincre...
« Dans une soif d’être entièrement vraie, dans un don total à Dieu et à la poursuite de l’esprit de service » qui lui avait fait choisir l’armée...Demande de disponibilité, refusée...
Il faut dire que Brice possède de sérieuses compétences en électronique et en informatique, ce qui faisait d’elle, à l’époque, l’un des rares experts en documentique de l’armée de terre...
« Mon général, je démissionne », fut la réponse courageuse et sans retour de Brice.

Aujourd’hui dans son service d’Eglise, Brice se veut une « humanisante » selon son expression, notre humanisation étant notre chemin vers Dieu. A travers, entre autres, un engagement fort dans une association d’entraide, Brice souhaite que chacun(e) reçoive la tendresse dont il ou elle a besoin.

La tendresse est un chemin d’humanisation, un chemin où l’on apprend à aimer.
« On parle de micro-économie et de commerce équitable, moi je parle de micro-tendresse et de tendresse équitable et cela passe par les toutes petites choses du quotidien.
Merci à Brice de nous rappeler ce qui fait la dignité de la personne.

texte rédigé par Sœur Marie-Diane PICARD


Marie Claire

Appelée ? Comment ?
Un premier signe peut-être,j’avais 14 ans, fut l’émotion, très vive, causée par la célébration d’un départ en mission, dans une communauté voisine.
Partir moi aussi, pourquoi pas ?

Mais c’est à 18 ans, pendant de longues vacances que la lecture de St François d’Assise transforma ma vie spirituelle.
Cet amour brûlant de François pour le Christ me révélait le Christ lui-même...et suscita en moi le désir de me consacrer totalement à lui et d’en vivre.
Ma joie devenait si visible qu’une amie dit à maman : « Mais, votre fille est amoureuse ! »
Elle ne croyait pas si bien dire !

Ce ne fut pas toujours aussi lumineux mais le départ était pris, indiscutable.



Lydwina

Je ne sais pas clairement quand je suis devenue consciente de l’appel du Seigneur.
A l’age de sept ou huit ans je priais facilement en disant au Seigneur que je me donnais à Lui. Est-ce que je me rendais compte de ce que je disais ?
Puis le temps a passé et la pensée de me donner au Seigneur me quittait mais revenait tout de même constamment

Aux mariages de mes sœurs je me rappelle avoir pensé : non, moi je ne me marie pas, je me donne au Seigneur.
C’était mon secret et je refusais absolument que quiconque s’en mêle.
« Non, je n’ai pas de vocation » ai-je répondu un jour à une religieuse qui me questionnait.
D’ailleurs j’étais une élève très indisciplinée et constamment en retenue.

A la fin de mes études, deux de mes compagnes de classe sont entrées au carmel. Cela m’a fort impressionnée. Je suis allée les voir au parloir du carmel. Elles étaient heureuses ! Cependant, en me retrouvant dans la rue après la visite, j’étais heureuse d’être encore libre !
Mais depuis cela, la pensée de me donner au Seigneur ne me quittait plus. Où ? Comment ?
Je n’en avais pas l’idée. Je ne m’en souciais pas trop. Je laissais venir les événements.
Un père jésuite, ami de la famille, me dit un jour qu’à Bruges on demandait un professeur de néerlandais. Cela me tentait : quitter un peu ma famille, aller à l’étranger ! Je suis allée voir...
Je ne me doutais pas que le Seigneur m’attendait là..

Ma vie de consacrée avec et malgré son lot de souffrances est une vie de grand bonheur dont je rends grâce au Seigneur. C’est souvent ainsi que le Seigneur nous parle par les événements quotidiens de notre simple vie. C’est après coup que l’on reconnaît que l’on est conduit par le Seigneur.