les soeurs ne porteront pas de grands flambeaux qui jettent un jour brillant sur l’Eglise, mais elles porteront de petites lampes ...

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Sr Marie Emmanuel

|Sœur MARIE EMMANUEL (Marie Noëlle SADOUX) 1936-2013| |

Comment d’entrée ne pas dire combien le Seigneur était le centre de sa vie et comment Il l’a envoyée vers ceux et celles qui vivent certaines formes de fragilité.
Comment encore ne pas souligner combien la Parole de Dieu scrutée, contemplée, goûtée, a été le tremplin du don d’elle-même, au Seigneur et à tous !

La vie de M. Emmanuel s’enracine dans une famille heureuse, elle sera vécue dans une maison simple et bientôt remplie d’enfants : 4 garçons et 4 filles. Les parents, profondément croyants, lui ont appris très tôt la dimension spirituelle de la vie grâce à la prière familiale, à la proposition de demander pardon après une dispute, et par l’attention à ceux qui les entouraient. Elle se souvenait des jeux animés par son père toujours très taquin.

Marie-Noëlle est née à Tours et fut baptisée en l’église Saint Etienne, mais sa famille est enracinée dans le terroir de Ciran, village agricole près de Loches. Dès son enfance, elle y vit des relations amicales avec les enfants du village. Une personne célibataire lui fit faire une expérience d’ouverture aux autres : entraide, services, catéchisme, accueil des enfants tenant lieu de cantine. Encouragée par sa Maman, c’est avec cette dame, que Marie-Noëlle va à la messe en bicyclette dans les villages voisins.

Il semble qu’au sortir du primaire, les bases de tout ce qui va se développer sont déjà posées.

Mais, dès le début de sa vie, sa santé est fragile. Pour cette raison la vie scolaire de Marie-Noëlle demeure assez chaotique : un peu de primaire à Ciran, un an à St Denis à Loches, où elle découvre le goût de la prière, et où elle fit sa profession de foi et fut confirmée. A la fin de la guerre, elle est inscrite à Ste Ursule de Tours, Bd. Béranger, lorsque cette même année on lui découvre une sévère scoliose. Cet état de santé va bouleverser toute sa scolarité : elle ne pourra pas suivre une scolarité normale. Il lui en restera une sorte de complexe.
En 1950, elle fait un trimestre à Saint Cyran, y revient en 1952 pour quatre années agricoles aboutissant à un monitorat. Elle s’y montre joviale, attentive aux autres. Elle-même apprécie le climat éducatif et le sens de la responsabilité donné aux élèves, l’accompagnement personnel assuré par les sœurs. La vie de prière de l’école lui fait découvrir l’importance de la Parole de Dieu. C’est à cette époque qu’elle fait ses premiers pas de catéchèse et c’est là que son cœur se remplit d’une certitude : ne pas trouver ailleurs mieux qu’à Ste Ursule pour vivre heureuse.

Elle entre au noviciat à St Cyr/Loire en 1956, y fait profession temporaire en 1959 et profession définitive en 1964.

Sœur Marie-Emmanuel va exercer sa vie d’enseignante au Cours Ménager successivement à Saint Cyran et Compiègne. Elle y fut un professeur compétent et apprécié. Tout en prodiguant son enseignement, elle assure la catéchèse et s’ingénie à intéresser ses élèves. Elle devint directrice de l’Ecole Ménagère à Compiègne.

A l’âge de la retraite, envoyée à Dun sur Auron puis à Châteauneuf sur Cher, elle retrouve ses origines rurales. Ce furent des années très heureuses pour elle. Elle y a créé des groupes de partage de la Bible, présidé des enterrements qu’avec une autre sœur, elle préparait avec grand soin. Un jour, se trouvant seule avec le cercueil, elle n’a pas hésité à inviter les Messieurs des Pompes Funèbres à se joindre à sa prière, leur disant : « vous n’allez pas me laisser seule … » Ce qui fut fait. Elle aimait visiter les personnes chez elles, bien sûr les plus pauvres et les déficients mentaux. Elle savait être attentive et parler à chacun. Chacun était unique pour elle …

Sa surdité qui ne cessait d’augmenter la handicapait beaucoup. C’était, pour elle, une grande souffrance qu’elle peinait à accepter, tout en essayant d’y consentir. Lorsque la réalité de l’épreuve l’emportait, les Sœurs de sa Communauté et son entourage essayaient de se rendre plus proches encore.

En 2008, elle revient à St Cyr pendant deux années puis, il y a 3 ans, à Tours rue Emile Zola.
Elle s’est alors investie de tout son cœur et de toutes ses forces à Foi et Lumière et chez Les Petits Frères qui lui devinrent deux nouvelles familles. Pour elle, les bus n’avaient pas de mystère, les marches pour aller d’un endroit à un autre ne l’arrêtaient pas – sans tenir compte de sa fatigue. Très récemment, ayant dû ralentir ses activités pour une petite intervention au bras, elle a reconnu à ce moment-là que cet arrêt lui faisait du bien : étant très fatiguée elle prenait le temps de se reposer.

Elle aimait sa famille qui le lui rendait largement. En vacances à Royan chez son frère aîné et sa belle-sœur, en ce dimanche 7 juillet, alors qu’elle se baignait, et sans souffrance, elle est partie rejoindre son Seigneur qu’elle a cherché et aimé passionnément toute sa vie ; flottant sur l’océan, le regard tourné vers le ciel. Comme l’a dit une de ses nièces, « quoi de plus beau que de quitter la terre en faisant l’étoile sur l’océan » !